Sonnette d'alarme de l'OIT : la solution portage salarial

29 novembre 2016

À nouvelles formes d’emploi, nouvelle forme de précarité ? Ce grand débat, latent depuis plusieurs mois et copieusement nourri en France par l’interminable controverse Uber, s’est vu subitement relancé par la publication lundi d’un rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), inquiète de la qualité des emplois atypiques qui se développent partout en Europe.
 

Sans doute la vénérable institution genevoise gagnerait à se garder de telles sueurs froides, à l’heure où les actifs français manifestent un enthousiasme sans cesse grandissant pour l’autonomie garantie par les différentes formes de travail indépendant, qui concernent d’ores et déjà 13 millions de personnes dans l’Hexagone (rapport McKinsey – Octobre 2016).
 
Au-delà, il serait bon d’attirer l’attention des rédacteurs de cette étude, largement centrée sur les seuls contrats courts, à temps partiel ou d’intérim, sur la grande diversité des alternatives au salariat, qui, loin de se ressembler uniformément, épousent au contraire des contours et des définitions très disparates.
 
Une d’entre elles, le portage salarial, offre justement une réponse appropriée au dilemme sécurité vs flexibilité, en permettant à des travailleurs indépendants d’exercer une activité en toute autonomie, sans se départir de la protection sociale propre au salariat et d’un accompagnement gratuit et personnalisé.
 
Près de 100 000 actifs, réalisant un chiffre d’affaires d’1,5 milliard d’euros, ont ainsi opté pour ce dispositif novateur, en dépit d’une position plus qu’ambivalente des pouvoirs publics en la matière, qui alterne entre soutien affiché, notamment lors de la loi travail, et incompréhension manifeste de ses bienfaits, avec l’instauration récente d’une garantie financière profondément dissuasive.
 
Loin de se limiter à cette ubérisation tant fantasmée et brandie en repoussoir par des esprits chagrins, l’évolution de notre marché du travail porte en germe la promesse d’emplois différents, plus épanouissants car adaptés à cette économie à la demande qui naît aujourd’hui sous nos yeux.
 
Encourageons ainsi les mécanismes qui, à l’instar du portage, vont dans le sens de l’histoire, tout en protégeant au mieux les actifs.