Portage salarial : le dispositif s'améliore

03 avril 2015

Le gou­ver­ne­ment a ré­cem­ment pu­blié une or­don­nance vi­sant à pré­ci­ser les règles de fonc­tion­ne­ment du Por­tage Sa­la­rial. Ob­jec­tif : pé­ren­ni­ser ce dis­po­si­tif situé entre le sa­la­riat clas­sique et le ré­gime in­dé­pen­dant.

Situé entre le sa­la­riat clas­sique et le ré­gime in­dé­pen­dant, le por­tage Sa­la­rial, qui existe de­puis trente ans, tourne au­tour de trois ac­teurs : le consul­tant, l'en­tre­prise et la so­ciété de por­tage sa­la­rial. La loi de 2008 dé­fi­nit ce sys­tème comme un

« en­semble de re­la­tions contrac­tuelles or­ga­ni­sées entre une en­tre­prise de por­tage, une per­sonne por­tée et des en­tre­prises clientes com­por­tant pour la per­sonne por­tée le ré­gime du sa­la­riat et la ré­mu­né­ra­tion de sa pres­ta­tion chez le client par l'en­tre­prise de por­tage. Il ga­ran­tit les droits de la per­sonne por­tée sur son ap­port de clien­tèle ».

Au total, ce sont plus de 50.000 sa­la­riés qui uti­lisent ce pro­cédé dans leur quo­ti­dien de tra­vail. Une or­don­nance, ré­cem­ment pu­bliée, vise à pé­ren­ni­ser et amé­lio­rer le dis­po­si­tif. Le Cinov, fé­dé­ra­tion des syn­di­cats des mé­tiers de la pres­ta­tion in­tel­lec­tuelle du Conseil, de l'In­gé­nie­rie et du Nu­mé­rique, sou­ligne un réelle avan­cée so­ciale. Il re­lève cinq dis­po­si­tions al­lant dans le bon sens : « l'ex­clu­si­vité de l'ac­ti­vité de por­tage sa­la­rial, ou­vrant de facto une né­go­cia­tion en vue de la créa­tion d'une conven­tion col­lec­tive » ;« une ré­mu­né­ra­tion mi­ni­male de 2 377 euros brut men­suel pour un temps plein » ;« une mise en place d'une ga­ran­tie des sa­laires au bé­né­fice des sa­la­riés por­tés » ;« l'uti­li­sa­tion des contrats de tra­vail exis­tant, adap­tés au por­tage sa­la­rial et donc, re­con­nais­sance des droits ou­verts par ces contrats au­près de Pôle Em­ploi » ;« la pré­ser­va­tion du sa­la­rial ré­servé à des pres­ta­tions de ser­vices (hors ser­vices à la per­sonne), ren­dues par des per­sonnes pro­fes­sion­nel­le­ment au­to­nomes ».

Des ré­ac­tions po­si­tives

Selon André Mar­ti­nie, pré­sident du syn­di­cat de por­tage sa­la­rial CINOV SNEPS, « c'est la consé­cra­tion de la conti­nuité du dia­logue so­cial de­puis plu­sieurs an­nées, qui abou­tit et pé­ren­nise enfin le sta­tut des pro­fes­sion­nels au­to­nomes ». De son côté, Chris­tian Per­son, PDG du Groupe Uma­lis et membre du Conseil d'Ad­mi­nis­tra­tion de la FEPS, la Fé­dé­ra­tion Eu­ro­péenne du Por­tage Sa­la­rial a in­di­qué : « C ette or­don­nance illustre une réa­lité : l'op­po­si­tion exa­cer­bée entre in­dé­pen­dant et sa­la­rié est tom­bée. Nous nous fé­li­ci­tons de cette im­por­tante or­don­nance, fruit d'un tra­vail com­mun de qua­lité avec les dif­fé­rents mi­nis­tères concer­nés. Cette or­don­nance cor­res­pond to­ta­le­ment à nos at­tentes no­tam­ment en sé­cu­ri­sant les sa­la­riés por­tés et en en­ca­drant les pra­tiques de notre pro­fes­sion. Nous at­ten­dions avec im­pa­tience cette or­don­nance de­puis que la dé­ci­sion ren­due par le Conseil Consti­tu­tion­nel en avril 2014 avait remis en cause la va­li­dité de l'ac­cord l'ac­cord de branche du 24 juin 2010 sur le por­tage sa­la­rial ».

portage-salarial-le-dispositif-sameliore.jpg

Tous droits réservés 2015 batiactu.com